Adoration en apesanteur – Missy Magazine

Adoration en apesanteur – Missy Magazine

novembre 2, 2022 0 Par MistressMom





Par Christina Mohr

L’auteur-compositeur-interprète islandais Sóley est fondamentalement une personne profondément mélancolique. Avant d’enregistrer son nouvel album, elle a écrit une note qu’elle devait cette fois absolument écrire sur l’espoir et le printemps. Elle a même peint son atelier de couleurs vives pour que la mélancolie ne reprenne pas le dessus sur elle.

soley promo4 by Birgisdóttir Ingibjörg

© Birgisdóttir Ingibjörg

Et en effet, le nouveau disque diffère grandement de son prédécesseur sombre et morbide “Ask The Deep” – même la couverture de “Endless Summer” est conservée dans des couleurs pastel délicates, qui trouvent leur correspondance tonale dans les sons de piano tamponnés en apesanteur de Sóley, pour qu’ils lisent respire plus qu’il ne chante. La tonique est clairement majeure, et non plus une mineure déprimante.

Le multi-instrumentiste Sóley ne se contente pas de s’asseoir au piano, on peut également entendre des clarinettes, des trombones et des cordes – comparable à Agnes Obel et Joanna Newsom, Sóley élargit également le cadre folk-pop, ressemble plus à un musicien classique qu’à l’indie pop. Certaines pièces comme l’ouverture « Úa », dédiée à sa petite fille, ou « Sing Wood To Silence » semblent aussi fragiles que sublimes, presque sacrées. Il est donc normal que Sóley se produise dans plusieurs anciennes églises lors de sa prochaine tournée : Cette musique demande une certaine dévotion malgré toute la retenue, et n’a pas sa place dans les bars et les fêtes.

207Soley “L’été sans fin”
(Morr Music/Indigo), déjà paru.

Malgré l’humeur majoritaire joyeuse, la mélancolie revient encore et encore chez Sóley : “Nous grandissons et puis nous mourons”, répète-t-elle comme un mantra dans une chanson autrement joyeuse, et c’est peut-être la nature tant vantée de l’Islande qui montre son résidents que même dans l’été le plus interminable, l’hiver est déjà en route.