Au Nom du Seigneur – Missy Magazine

Au Nom du Seigneur – Missy Magazine

octobre 27, 2022 0 Par MistressMom

L’hypocrisie de l’Église catholique fait l’objet de deux films intenses à ce jour en compétition…

Missy Gastblog Berlinale1312

Małgośka Szumowska, qui m’a inspiré l’année dernière avec son attaque contre les doubles standards bourgeois dans son film “Elle”, a de nouveau choisi un sujet sensible : les prêtres homosexuels. Lors de la conférence de presse, la dure réalisatrice a déclaré qu’elle avait eu l’idée de son film à partir d’un article de journal disant qu’un garçon avait tué un prêtre. Personne ne savait pourquoi. Qu’est-ce qu’il pourrait y avoir derrière ? Y a-t-il plus de personnes seules sur terre que les serviteurs catholiques de Dieu, se demandait Szumowska. Le sujet brûlant ne pouvait pas la lâcher et la cinéaste polonaise a donc imaginé l’histoire d’Adam, un prêtre bien conscient de son homosexualité. Dans la province la plus profonde et la plus intolérante, merveilleusement capturée par le caméraman Michel Englert, il dirige un foyer pour garçons difficiles. Et il fait bien son travail, il garde son penchant sexuel sous contrôle avec un jogging intensif et une abstinence d’alcool.

Il peut facilement échapper aux avances de la pécheresse Ewa, qui l’entraîne sur la piste de danse pour “Certains cœurs brisés ne réparent jamais” pour la première fois, en pointant le célibat. Mais il peut de moins en moins lutter contre ses sentiments pour le gentil villageois Lukasz. Lorsque l’homosexuel Adrian rejoint le gang des garçons intimidateurs et fumeurs, Adam entre dans des conflits de conscience de plus en plus grands à cause de sa propre hypocrisie…

Sans pitié, mais avec beaucoup de sympathie pour son personnage principal, Szumskowa montre le mensonge inhumain de l’Église catholique – pour moi en tout cas un premier prétendant à l’ours…

https://www.youtube.com/watch?v=icYWwQ_ujUI

Le film “La nonne” de Guillaume Nicloux traite également des abîmes et du sectarisme du catholicisme. Le remake du roman des Lumières de Diderot “La Religieuse” – qui raconte l’histoire d’une jeune fille qui devient religieuse contre son gré – mais cette fois à la place de Liselotte Pulver, il y a une jeune actrice de premier plan : Pauline Etienne. La Belge, qui pourrait être la fille de Juliette Binoche, porte le message de ce film intense sur ses petites épaules : vivre de façon autonome ! Luttez pour votre liberté personnelle – même dans les circonstances les plus défavorables ! Vous ne vous lasserez pas de ses belles expressions faciales, mais vous n’oublierez pas de sitôt les visages voilés de la nonne sadique (Louise Bourgoin) et de son plus tard bourreau mental – une matrone lesbienne abusive (Isabelle Huppert). “Le monde a besoin d’elle”, dit un prêtre qui a lui-même été contraint au ministère de l’Église mais n’a jamais osé se rebeller. Puis il lui tend la clé de la liberté.

Pauline Etienne, luttant comme un ours pour son autodétermination, méritait bien un trophée d’or….