féminisme absolu – Missy Magazine

féminisme absolu – Missy Magazine

octobre 30, 2022 0 Par MistressMom

féminisme-absolu

La série “absolue” publiée par Klaus Theweleit depuis 2002 n’a pas encore brillé avec des “discours clés du présent” d’origine féministe. Il reste à espérer que ce soit maintenant la fin, ou mieux encore, qu’avec Gudrun Ankeles le “féminisme absolu” (d’après “l’absolue Simone de Beauvoir” de 2003) a pris un second départ.

Car à l’ère du féminisme queer, déconstructeur et postcolonial, note la politologue Gabriele Michalitsch dans la discussion de groupe qui précède les textes programmatiques et les quatre essais historiques, le « féminisme » est vite conjuré. Ici, « les féminismes (…) ont en commun la théorie et la pratique politiques des rapports sociaux de pouvoir et de domination fondés sur la catégorie de genre ». Et ce sont précisément ces conditions asymétriques qui resteront un sujet brûlant et un chantier quotidien pour nous tous, malgré les déclarations des droits de l’homme et les paroles en l’air.

En quatre « mouvements » – « des collectifs compliqués, des utopies exclusives, des mouvements de corps, et des dissolutions et de nouvelles communautés » – les textes clés historico-féministes sont ici rassemblés. À partir d’extraits “Le livre de la cité des femmes” de Christine de Pizan de l’an 1405 à “Manifeste Riot Grrrl” (1992) ou Tim Stuettgens Perte post-porno (2007). Le fait qu’Ankele ait opté pour un regroupement thématique et non linéaire des textes est un coup de chance, car les nœuds discursifs et les lignes de fuite, parfois séculaires, deviennent reconnaissables dans leurs déplacements tantôt plus éloignés, tantôt plus rapprochés. Et alors? “[W]Si la sexualité entraîne une certaine dépossession du « je », cela ne signifie pas la fin de mes revendications politiques. Cela signifie simplement que lorsque vous faites des demandes comme celles-là, vous les faites pour bien plus que vous-même”, a déclaré Judith Butler. Texte: Reliure Birgit

Gudrun Ankele (éd.) : féminisme absolu. Orange Presse224 p., 18 euros.