“La coopération et la démocratie ne sont pas monnaie courante en Europe”

“La coopération et la démocratie ne sont pas monnaie courante en Europe”

novembre 1, 2022 0 Par MistressMom

Pour moi personnellement, la crise signifie avant tout incertitude. Je ne sais pas ce qui va se passer ensuite. Mon fils, qui était indépendant depuis de nombreuses années, a quitté sa colocation et vit à nouveau avec nous. Il lui est très difficile de trouver un emploi. C’est particulièrement problématique pour les jeunes, car ils ne sont pas habitués aux difficultés. Nous, les personnes âgées, savons mieux ce que cela signifie. Mon mari et moi sommes venus en Grèce pour des raisons politiques. Nous étions actifs dans le mouvement démocratique aux Philippines pendant la dictature de Marcos. Nous avons dû fuir et sommes venus en Europe pour construire ici un mouvement de solidarité.

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Debbie Valencia a 65 ans et directrice de Munting Nayon Day Care, Athènes

Aujourd’hui encore, la vie quotidienne aux Philippines est très difficile. Trouver un bon travail est presque impossible, même pour les personnes diplômées. Alors ils émigrent. Beaucoup de Philippins en Grèce sont des femmes : enseignantes et infirmières qualifiées, mais ici elles travaillent comme domestiques. Leurs salaires ont massivement chuté ces dernières années. En conséquence, ils peuvent envoyer moins ou pas d’argent chez eux.

Ici, nous avons de nombreux réseaux politiques et sociaux de Philippino_as et d’autres migrants et réfugiés ou notre coopérative de femmes DIWATA. Nous avons fondé la coopérative il y a de nombreuses années, mais elle nous a beaucoup aidés, surtout ces dernières années. Nous avons pu fournir des microcrédits que les femmes utilisent pour subvenir aux besoins de leur famille à la maison. Début juillet, notre réseau de femmes MELISSA a ouvert ses locaux. Nous voulons renforcer les migrants et les réfugiés et leur transmettre nos compétences. Nous voudrions aussi devenir plus actifs et mettre en place des formes d’économie coopérative.

Ces dernières années, de nombreux mouvements de solidarité se sont développés dans d’autres pays européens en faveur de la Grèce. Cela n’existait pas avant. Malheureusement, la coopération et la démocratie ne sont pas des pratiques courantes en Europe. Je souhaite une Europe dans laquelle le pouvoir, la richesse et les ressources sont équitablement répartis. Nous ne devrions pas seulement nous soucier de notre propre avantage.”
Compte rendu et photos : Carolin Philipp

Dans le contexte de Osez l’im_possible s’associera à Nelli Kampourien et Debbie Valencia être à Berlin. Le panel sera animé par Margarita Tsomou.

Vendredi 16 octobre 2015 de 20h00 à 22h00
L’inscription est demandée.

Deborah CarlosValence a fondé KASAPI en 1985, la première organisation de migrants philippins en Grèce, dont les membres sont à 80 % des femmes. Inébranlable dans son engagement féministe, elle a fondé le réseau de femmes DIWATA en Grèce en 1991. Elle est membre du Comité des femmes du Forum européen des migrants à Bruxelles et a représenté le Forum européen des migrants lors de la 4e Journée internationale de la femme, 1995, à Pékin, en Chine. Elle est actuellement présidente de l’école culturelle Munting NAYON. Elle est également membre fondatrice de MELISSA – un réseau de femmes migrantes en Grèce.