La vie merveilleuse au cinéma

La vie merveilleuse au cinéma

octobre 31, 2022 0 Par MistressMom

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La Berlinale n’a même pas encore commencé et j’ai déjà découvert une nouvelle actrice préférée pour moi : Ronit ElkabetzIsraélien, né en 1964.

Elkabetz peut être admiré deux fois à la Berlinale, d’une part dans le film du réalisateur Michal Aviad “Invisible”, qui célèbre sa première mondiale dans le Panorama. Sur fond de conflit israélo-palestinien en cours, elle incarne une militante de gauche qui rencontre par hasard un journaliste de télévision avec qui elle partage un terrible destin. Tous deux ont été violés il y a des années par le “violeur poli”, comme la presse l’appelait autrefois avec désinvolture et dégoûtant. Les deux belles femmes deviennent amies et commencent à affronter leur traumatisme…

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En plus, Ronit Elkabetz nous bat dans le film de l’actrice et réalisatrice française Brigitte Sy “Les mains libres” sous leur charme. (Ce qui nous amène au laboratoire expérimental aventureux du programme du Forum de cette année.) La courageuse cinéaste raconte sa propre histoire, à savoir celle d’une réalisatrice séropositive qui, lors du tournage d’un film en prison, s’est transformée en détenue – interprétée par lui acteur trop très engageant Carlo Brandt – amoureux. Est-ce dû à la mise en scène féminine ou au jeu nuancé d’Elkabetz – dans les deux films, nous suivons intérieurement le destin des protagonistes respectifs et espérons avec ferveur des temps meilleurs… Deux films qui sont en fait tirés de la vie merveilleuse.

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Après tant d’éloges, un avertissement s’impose : e-love aussi d’une réalisatrice française, à savoir Anne Villacéque et aussi avec Carlo Brandt, qui tâtonne malheureusement dans une histoire pseudo-moderne complètement scandaleuse, peut sauver les femmes et préférer les du temps ainsi gagné à bavarder avec son comptable… Un bel exemple du genre de films présentés dans Ce blog a souvent été cité… horrible.

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Le film albanais « Amnistia », quant à lui, parle aussi d’une relation, pas seulement de deux relations qui s’entretiennent entre les murs de la prison : une fois par mois, dans le cadre de la libéralisation des peines de prison, un mari et une femme albanais ont un un coït d’une heure avec leurs partenaires respectifs enfermés dans une sorte de cellule de prison rebutante. Les deux se rencontrent par hasard et osent dans leur misérable quotidien – je ne savais pas à quel point l’Albanie d’aujourd’hui est délabrée – de tisser une histoire d’amour. L’amnistie semble alors mettre fin à leur amour. Un film raconté dans un rythme calme et des couleurs froides – dignes de la solitude de ses héros – qui m’a ouvert une porte sur le pays voisin Albaniedont je ne savais que très peu de choses jusqu’à présent – et dans lequel les femmes apparemment souffrent encore beaucoup des structures patriarcales – s’est ouverte.

Non seulement les mondes cinématographiques se situent entre “Amnistia” et le film “The Ballad Of Genesis And Lady Jaye” – un portrait intime du pionnier de la musique Genesis Breyer P-Orridge (Throbbing Gristle, Psychic TV) et sa femme Jacqueline Breyer alias Lady Jaye. La réalisatrice Marie Loisier forme l’histoire d’amour audacieuse des deux sur leur changement de sexe mutuel dans le but, par la chirurgie, de devenir un, un troisième, un pandrogyne. Un film extrêmement romantique, très personnel et touchant, notamment en raison de la mort surprenante de Lady Jaye en 2007, qui nous en dit aussi beaucoup sur les débuts de la musique industrielle. (Au fait, à la fin de la Berlinale, le 19 février, Genesis Breyer P-Orridge donnera un concert à HAU)

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sous contrôleJ’ai aussi été très impressionné par une odyssée cinématographique dans l’espace terrestre : le documentaire Cinemascope de Volker Sattel sur l’industrie nucléaire en Allemagne et en Autriche avec le titre cynique “Under Control”. Sattel nous montre le travail dans une centrale nucléaire, donne la parole aux experts et aux avocats et s’abstient de toute évaluation, tant au niveau cinématographique qu’au niveau du contenu. Chroniqueur très strict, il nous montre le monde mécanisé d’une technologie dépassée – qui gère des forces et des demi-vies inimaginables pour l’homme. le spectateur est53c1c61b5c

obligés de traiter eux-mêmes les faits recueillis. Une citation d’Albert Einstein plane sur le film pour moi comme l’épée de Damoclès : « Le déchaînement de l’atome a tout changé sauf la pensée humaine. Par conséquent, nous nous dirigeons vers une catastrophe aux proportions inimaginables.

Malheureusement, ce sentiment s’est d’autant plus renforcé que la personne assise à côté de moi, apparemment une connaissance de Sattels, a répondu à mon commentaire quant à savoir si seuls des hommes travaillaient réellement dans les centrales nucléaires, et a répondu oui, principalement des anciens soldats de la Bundeswehr. Puis il m’a aussi pointé le générique, technicien nucléaire

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ont apparemment exposé des films 35 mm à des rayons gamma dans une expérience unique – commandée par le réalisateur fou…

Sur le chemin du retour, je me suis souvenu d’un autre dicton d’Einstein, qui pourrait aussi être ma conclusion provisoire du programme passionnant du forum – dans lequel, entre autres, un film de quatre heures et demie un peu trop long, mais néanmoins très stimulant, de Zeze Takahisa à propos d’une vengeance par procuration (Heaven’s Story) vous pouvez voir :

“Deux choses sont infinies, l’univers et la bêtise humaine, mais je ne suis pas encore sûr de l’univers.”

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