“Luttons-nous pour une vie digne pour tous les réfugiés ou essayons-nous de trouver notre chemin dans des structures inhumaines ?”

“Luttons-nous pour une vie digne pour tous les réfugiés ou essayons-nous de trouver notre chemin dans des structures inhumaines ?”

octobre 30, 2022 0 Par MistressMom

Des femmes en exil

« Pas de camps pour les femmes et les enfants ! Abolissez tous les camps ! est le thème central de la campagne depuis 2011 Les femmes en exil. Malheureusement, cette demande est plus que jamais d’actualité. Compte tenu de la tendance à accepter l’hébergement dans les camps de réfugiés comme soi-disant sans alternative, nous demandons : luttons-nous pour une vie digne pour tous les réfugiés ou essayons-nous de trouver notre chemin dans des structures inhumaines ? Nous disons : il est impossible de traverser le temps passé dans les camps sans subir de harcèlement, de violence et d’attaques du système d’asile et d’hébergement forcé.

© Verena Brüning

Women In Exile 2014 lors de leur démonstration flottante sur le radeau de Nuremberg à Berlin © Verena Brüning

Dans cette optique, Women in Exile effectuera une tournée en bus de trois semaines du 24 juillet au 14 août 2016. A l’échelle nationale cette fois. De Magdebourg à Cologne, de Nuremberg à Hambourg, nous voulons rendre visite aux femmes des camps, apprendre à les connaître et les inviter à voyager avec nous. Il est important pour nous de faire avec les femmes réfugiées et leurs amies ce qui leur convient sur place. Nous maintenons nos demandes d’abolir tous les camps et d’ajouter une nouvelle demande dans chaque ville et région que nous visitons. Nous allons descendre dans la rue ensemble, faire du bruit, nous asseoir ensemble, organiser des ateliers, manger et célébrer ensemble.

De nombreuses personnes qui critiquent le racisme réfléchissent actuellement à la manière dont elles peuvent soutenir les réfugiés. De nombreux bénévoles se sont rendus à domicile ces derniers mois. Heureusement qu’ils l’étaient et qu’ils le sont, leur action est un geste important. Ils font valoir leur point de vue et s’opposent à ceux qui applaudissent lorsque les maisons d’asile brûlent.

Lors de tables rondes et de discussions avec des supporters au cours des derniers mois, nous avons entendu à plusieurs reprises que nous devions adapter nos demandes aux nouvelles circonstances. Il n’y aurait pas d’espace de vie pour tout le monde à une époque où tant de gens venaient ici.

Nous disons : Non ! Notre demande est contemporaine, elle s’adapte mieux que jamais, elle devient de plus en plus d’actualité. La politique des réfugiés et surtout l’hébergement des réfugiés devient de plus en plus une activité lucrative qui consiste à faire du profit – sur le dos des réfugiés.

L’hiver dernier, le Sénat de Berlin a déboursé jusqu’à 50 euros par nuit pour héberger un réfugié. Alors que les propriétaires d’appartements et d’auberges ainsi que les exploitants de camps de réfugiés réalisent des bénéfices et que les gens sont contraints de vivre ensemble dans des espaces de vie les plus exigus, les droits des réfugiés sont restreints : Asylum Package II est légalement valable depuis le 17 mars, 2016. Les troubles de stress post-traumatique ne sont plus un obstacle à l’expulsion ; pendant ce temps, le système des camps continue de traumatiser les gens. Ils sont traumatisés par l’hébergement forcé dans les camps, par la violence concrète qu’ils vivent dans les camps et la violence structurelle du système d’asile et le racisme quotidien très présent en Allemagne.

Le système d’asile ne prévoit pas l’intégration des réfugiés, car il s’agit plutôt de les isoler, d’en tirer profit et d’en expulser à nouveau une grande partie. Même si certains essaient d’améliorer la vie dans le système des camps, par exemple en fournissant des abris aux femmes, cela se fait sous un système de coercition. Un système coercitif dans lequel je ne peux pas choisir librement qui me rend visite, ce que je mange et quand je rentre avec qui, une vie souvent sur six mètres carrés et souvent dans un container.

Nous exigeons : Libre choix du lieu de résidence ! Une politique du logement qui crée de l’espace de vie pour tous !