Série d’équipe : “Mme enquêteur, commencez à tirer aujourd’hui !”  – Les inspecteurs du TATORT

Série d’équipe : “Mme enquêteur, commencez à tirer aujourd’hui !” – Les inspecteurs du TATORT

octobre 30, 2022 0 Par MistressMom

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Il est 20h15 dimanche soir. La quart montante du musicien de jazz Klaus Doldinger résonne depuis le salon. Elle annonce la chasse : la chasse aux meurtriers. Et des millions courent vers les téléviseurs. Sur les canapés, prêts, partez ! Bienvenue dans le monde de TATORT.

TATORT écrit l’histoire de la télévision depuis plus de 40 ans et fait entrer le meurtre et l’homicide involontaire dans les salons le dimanche. 40 ans qui en disent long sur notre société et son évolution. Pour cette raison, certains articles scientifiques ont déjà été écrits sur le TATORT. Surtout le littéraire et linguiste Dr. Depuis des années, Dennis Gräf traite des “systèmes de pensée culturelle” qui pourraient être empruntés au TATORT au cours des 40 dernières années. Il est d’avis que le TATORT constitue un « modèle du monde ».

Une question légitime se pose alors : comment les rôles de genre sont-ils construits dans ce modèle du monde ? Comment se passe la vie dans le monde de TATORT en tant que femme et en tant qu’homme ? Comment les hommes résolvent-ils les meurtres et comment les femmes ?

Quiconque suit régulièrement les thrillers policiers à la télévision allemande doit avoir remarqué le changement : de plus en plus de femmes traquent les meurtriers – et les attrapent. Le TATORT compte actuellement huit enquêteurs – si vous comptez également le procureur Klemm et la pathologiste Mme Haller (Alberich) sur la scène du crime de Münster, il y en a dix – et 22 enquêteurs. C’est le pourcentage le plus élevé de femmes dans l’histoire de la scène de crime. Jamais auparavant autant de femmes n’avaient enquêté sur le TATORT en même temps. Dans le passé, la mixité était très différente : les anciens enquêteurs comptent 75 inspecteurs et seulement quatre inspecteurs. Et pas seulement dans le TATORT, mais aussi dans les thrillers télévisés comme “Derrick” et “Der Kommissar” – comme le dernier titre le suggère déjà – la chasse aux meurtriers était un domaine masculin.

Mais ensuite les femmes sont arrivées. Depuis le milieu des années 1990, de plus en plus d’inspecteurs féminins ont pris leurs fonctions : l’inspecteur en chef Lena Odenthal, l’inspecteur en chef Eva Saalfeld, l’inspecteur en chef Charlotte Lindholm, l’inspecteur en chef Inge Lürsen, l’inspecteur en chef Klara Blum… et le nombre augmente tous le temps. Car les enquêteurs qui se sont ajoutés récemment sont aussi des femmes. A Vienne, l’alcoolique Bibi Fellner enquête actuellement ; à Kiel l’intelligente et sportive Sarah Brandt, à Francfort l’inspecteur en chef Conny Mey.

Mais qu’est-ce que cela dit sur l’image de la femme dans le monde TATORT ? Les femmes peuvent aussi attraper des meurtriers ? Les femmes savent-elles aussi manier une arme ? Les téléspectateurs du crime veulent voir des femmes ? Les policiers sont les mêmes chez TATORT ? La pensée non sexiste est entrée dans le monde TATORT ?

“Nous pensions qu’il le ferait [Chefinspektor Moritz Eisner in Wien] a besoin d’un partenaire avec qui il peut réfléchir sur les situations et les expériences – une femme offre un effet miroir complètement différent car elle est plus émotive et a une approche différente de la logique. Le TATORT montre plus de femmes, mais en même temps produit des images de femmes et d’hommes qui montrent délibérément les différences entre les sexes. Peut-être que certains clichés seront éclaircis, mais parfois ils seront à nouveau éclaircis du même souffle. Mme Inge Lürsen, par exemple, est présentée comme une femme spéciale sur la page d’accueil de l’ARD : elle est décrite comme une “mère corbeau” qui porte des “chaussures à talons”. […] ni en privé ni en service », ce qui est évidemment assumé ici pour les femmes en général. On ne peut donc pas parler de neutralité de genre chez TATORT.

Les enquêteuses sont souvent décrites comme particulièrement sensibles lorsqu’elles traitent avec des victimes, des proches et des suspects, contrairement à leurs collègues masculins. Dans chaque épisode, les inspecteurs doivent prouver à nouveau qu’ils peuvent affronter les pires délinquants et le monde masculin. De plus, ils sont capables de s’assurer qu’ils ont l’air bien dans toutes les situations (Eva Saalfeld, jouée par Simone Tomalla, qui peut se rappeler de montrer ses lèvres dans toutes les situations imaginables de la vie). Ainsi, Charlotte Lindholm est décrite comme une héroïne qui “[m]avec son sens de l’humour sec et décontracté […] les excentriques et surtout les hommes [nimmt]qui les sous-estiment. » Les femmes enquêtent avant tout instinctivement (Inge Lürsen : « Après tout, elle préfère se fier à ses tripes plutôt qu’aux notes du dossier. »), avec sensibilité et avec un charme féminin. Si un enquêteur a tendance aux altercations physiques, cela est explicitement souligné. Par exemple avec Lena Odenthal. “Elle n’a aucun problème à affronter des hommes beaucoup plus grands qu’elle et n’a pas peur de prendre les armes au bon moment.”

Cependant, il ne faut pas oublier non plus que les enquêteurs ne sont pas les seules femmes sur les lieux du crime. Parce que chacune des 17 équipes d’enquêteurs a une femme dans le bureau qui tape quelque chose sur l’ordinateur, s’occupe de la paperasse, garde le téléphone et prépare le café.

Mais la scène de crime fait définitivement disparaître un cliché féminin : les femmes ne tuent pas avec du poison, comme on le prétend si souvent. Les femmes tuent physiquement. Poignarder et tuer des femmes. Au moins au cours de la dernière année et demie de l’histoire de la scène du crime.

Mais cela ne devrait pas du tout nous déranger. Amusez-vous avec le meurtre et l’homicide involontaire!

Catherine G.

Sources:

  • http://www.kunst-und-kultur.de/index.php?Action=showMuseumExhibition&aId=11698&title=ausstellung-die-kommissarinnen-ermittlerinnen-im-deutschen-fernsehen
  • http://www.daserste.de/tatort/ -> Les Commissaires sont listés sous « Les Commissaires »
  • Gräf, Dennis: “Sex&Crime – Un voyage à travers ‘l’histoire morale’ du TATORT”