Super grossier et bizarre – Missy Magazine

Super grossier et bizarre – Missy Magazine

octobre 31, 2022 0 Par MistressMom

Annette Walter

Il fallait s’attendre à ce que la trilogie “Wetlands”, “Lap Prayers” et “Girls for Everything” de Charlotte Roche ainsi que plus tard “Faulty Specimen” de Sarah Kuttner appellent d’autres épigones sur la scène. Le genre : une héroïne mentalement instable qui traverse une existence chaotique et commente ce qui se passe dans un langage fécal désinvolte. Comme revêtir le manteau de la dépression pour écrire un roman audacieux. Maintenant Laura Lackmann, qui a également «copie défectueuse” filmé, essayé dessus. Pas une sage décision.

Auteur et cinéaste Laura Lackmann © Beda Mulzer

Auteur et cinéaste Laura Lackmann © Beda Mulzer

L’histoire de Luzy, l’héroïne de Lackmann, est principalement caractérisée par des mecs bizarres, des amours ratées et des relations sexuelles ratées : Apollo, Peter, Jonas – tous perdants. Mais Luzy n’a pas beaucoup plus d’influence sur sa vie. La relation avec les parents est dysfonctionnelle, ce qui s’exprime dans une tendance destructrice latente : « La chance que je puisse traverser la vie seule, sans un petit ami terrible, est nulle. »

Avec son auto-exposition et son langage grossier, le livre de Lackmann suit les traces de Roche, mais sans atteindre son esprit. Ce texte aspire désespérément à la comédie de situation, mais malheureusement il n’est absolument pas drôle. Pire encore : l’histoire de Luzy vous laisse complètement froid en tant que lecteur. Après 318 pages, il ne reste plus que le sentiment rassis qu’on se fout du sort de cette femme tant le dessin de la figure est pâle et banal. La crise existentielle comme risée sans humour.

csm_9783471351208_cover_de071f1b64Laura Lackman : “Les points après la dernière ligne”
Ullstein Verlag
320pages
Déjà publié

De plus, le discours exagéré des hipsters est ennuyeux. Le vocabulaire de Lackmann est celui d’un adolescent que les éditeurs d’ARD ont imaginé pour un téléfilm de Degeto avec Wolke Hegenbarth. Tout est “super grossier”, “coquin” ou “paniqué”.

Malheureusement, il n’y a pas non plus de flux narratif cohérent. L’épisode fantaisiste après l’épisode est enchaîné, apparemment pour enflammer un banger après l’autre. Parfois, la narratrice à la première personne raconte des histoires à propos d’un préservatif qui aurait pu pénétrer dans son cerveau et y endommager un endroit important (ce qui expliquerait pourquoi elle nous raconte tout le temps de telles bêtises). Ensuite, il y a en fait des phrases comme : « J’aimerais que le sperme de Jonas ait de petites bouches qui mangent tout ce qui nageait encore autour de Peter en moi. Comme Godzilla, ils écraseraient n’importe quoi sur leur passage jusqu’à ce qu’ils trouvent l’entrée latérale de mon âme par la chatte…” Les lecteurs de “Gala” et “Glamour” vont adorer. Un acte émancipateur n’est pas reconnaissable.