Vivian Maier : du grand art dans des boîtes cachées

novembre 1, 2022 0 Par MistressMom

Vivian MAier The Nanny Secret Mill 8

PHOTO : Vivian Maier, Galerie Hilaneh von Kories, Collection John Maloof

Le travail massif de l’une des figures les plus douées de la photographie de rue a récemment été découvert – à titre posthume – dans un entrepôt à Chicago. Viviane Maier a travaillé comme nounou et a gardé sa passion pour elle. Ses œuvres légendaires sont désormais également rassemblées sous forme de livre. Missy offre “Street Photographer” deux fois.

Le jupon blanc fumant d’une femme en route vers la voiture de son rendez-vous, un adolescent avec un avion à hélice et des gants de boxe dans les mains, une montagne sculpturale de caisses en bois vides dans une arrière-cour : à travers l’objectif de l’appareil photo Rolleiflex de Vivian Maier, Chicago dans les années 1950 devient des années portées à la vie.

Jusqu’en 2009, le photographe, dont le travail est aujourd’hui largement célébré, était totalement inconnu. C’est une autre raison pour laquelle la biographie énigmatique et décalée de Vivian Maier (1926-2009) ressemble encore à un champ de brouillard nocturne. Jusqu’à sa mort en 2009, elle vivait de sa pension américaine minimale dans une maison de retraite de Chicago, sans parler à personne de son œuvre importante. Les familles où elle travaillait comme nounou la décrivent comme une paria.

C’était une femme qui a réagi de manière recluse à la liberté restreinte des femmes dans les années 1950. En conséquence, la plupart des gens autour d’elle la percevaient comme robuste et inaccessible. Cependant, les enfants dont elle s’occupait l’appréciaient en tant que nounou stricte mais surtout créative et amoureuse de la nature : Maier était une excellente complice des enfants lors de la chasse aux fraises des bois dans la forêt ou de l’inspection des animaux momifiés.

Avec son grand chapeau mou et son large manteau, Maier errait dans les rues lors de ses dimanches libres – c’est ainsi qu’est né son travail photographique, aujourd’hui reconnu par la critique pour sa pertinence avec celui Henri Cartier Bresson est assimilé.

L’histoire de la publication de son œuvre est également insolite : le garage dans lequel ses biens étaient entreposés a été liquidé pour des raisons financières avant sa mort, et ses biens ont été mis aux enchères. Ici un jeune homme nommé Jean Maloof une boîte de photographies. Cependant, il ne se rend compte du trésor sur lequel il est assis avec cet achat que lorsqu’il numérise les images, les publie sur la plateforme photo Flickr et reçoit les éloges des critiques du monde entier. Peu de temps après, Maloof cherche le photographe des photos vendues aux enchères : il ne trouve que la nécrologie de la personne décédée une semaine plus tôt.

Aux antipodes de la folie Internet actuelle, dans laquelle n’importe qui peut être artiste sur une plateforme de blogs, Vivian Maier est l’antonyme du besoin d’expression de notre génération. Cependant, la raison de leur réticence reste floue : était-ce de pures aspirations artistiques, une opportunité de contact avec la personne timide ou un manque de confiance en soi pour leur travail exceptionnel ? Une chose est sûre : le silence mystérieux de Vivian Maier résonnera encore fort dans l’histoire de la photographie.

Si vous souhaitez l’un des exemplaires de “Street Photographer”, envoyez un e-mail avec le mot clé “Vivian Maier” avant le 30 septembre. sur loterie@missy-mag.de.

Né: le 1er février 1926 à New York.
Décédés: le 21/04/2009 à Chicago.
Connu comme: la nounou recluse d’à côté.
Aurait dû s’appeler : l’un des plus grands photographes du XXe siècle.

Texte: Dorothée Leesing, dans : Mademoiselle Magazine 03/12